WHEN TRAPPED ONE MUST CHEW OFF THE PAW

Privilégiant une économie de l’image When trapped one must chew off the paw propose un dispositif frontal et presque silencieux où les signes se re-croisent dans les gestes et motifs articulées dans une lecture lente et itérative. L’oeuvre prend son point de départ à partir d’expériences bio-scientifiques qui tirent ses moyens depuis le corps animal d’une façon transgressive. Inspirée par les questionnements de F. Burgat et L. Bossi, l’oeuvre interprète la vision et l’âme d’une bête transférée par voie humaine suite au retrait de sa substance initiale.

 

Un oeil de cochon est présent sur un corps. Sondant sa position spatiale depuis le haut du visage - un horizon, peut-être un danger - le regard est ici néanmoins confronté à un test virtuel, une méthode utilisée dans le milieu scientifique pour déterminer les aptitudes intellectuelles animales comme le test du miroir. La souris blanche devient l’outil qui resserre et transfère les déplacements dans un espace au paysage faussement idyllique tel

un Umwelt 2.0, rendant docile l’existence animale qui se meut au monde par sens profondément corporels.

Enfermé sur lui-même, le regard se rencontre par auto-surveillance sur sa matière humaine et non identifiée comme seule délimitation.

Mais un organe traité comme une pièce détachée autant que l’est une prothèse en silicone, est-il vraiment capable de regarder et d’être regardé ? Que détient la main, à l’intérieur de sa chair ?

 

Dans une forme méthodique, l’oeuvre provoque un dilemme matérialiste et métaphysique. Elle souffle le sentiment d’une troublante empathie en prenant des axes ambigües.

Swiss Art Awards  |  Kiefer Hablitzel

2022

 

3 canaux vidéos

12'20 

Concept et réalisation: Elisa Gleize
Soutien développement intéractif : Jonathan Hardy

Sculpture prothèse : Nagi Gianni
Finition et maquillage FX : Emmanuelle Olivet Pellegrin
Scan 3D cochon : Dr. Lars Ebert

HighQuality5I2A0536.jpg